Bichonne ton microbiote intestinal !



Tu connais le microbiote intestinal ? Non ? Il est invisible mais il a tant d'importance. Son impact sur la santé générale est énorme et les découvertes le concernant n'en sont qu'à leur balbutiement. Petit à petit, la science et la médecine s’intéressent de plus en plus à cette colonie qui réside dans ton intestin, et les liens de corrélation avec diverses maladies sont régulièrement mis en exergue.

Le Dr Donatini, gastro-entérologue de Reims, est l'un des spécialistes français qui s'intéresse le plus au microbiote intestinal.

Ça fait bizarre de savoir qu'il y a du monde qui vit en nous, quand on y pense, hein ?

Voyons ensemble de quoi il en retourne, et ce que tu peux mettre en place pour bichonner ton microbiote intestinal.


Le microbiote intestinal : c'est quoi ?



Le microbiote intestinal c'est ce qu'on appelait avant la flore intestinale. C'est peut-être un terme qui te parle un peu plus... ou pas.

Il s'agit donc d'une colonie de divers micro-organismes qui vivent au sein de ton tube digestif. Il y a des bactéries, des virus, des champignons et des archées (micro-organismes unicellulaires, sans noyau ni organite)

Plus on avance sur l'aval du tube digestif, plus le nombre de micro-organisme est élevé.


J'ai souvent pour habitude d'expliquer le microbiote intestinal en utilisant la comparaison de l'immobilier. Imagine que ton intestin est un grand immeuble dont tu es le propriétaire. Dans cet immeuble vivent des locataires : les micro-organismes.

Ce sont ce qu'on appelle des "bactéries-amies" . Ce terme est partiellement faux puisqu'en fait dans la colonie il y a aussi des champignons, des archées et des virus...

Ces micro-organismes ont besoin de toi pour le gîte et le couvert, et tu as besoin d'eux pour te payer un loyer. C'est donnant / donnant. Ce loyer, ils s'en acquittent en travaillant pour toi : ils digèrent des parties non digestibles de ton alimentation, ils sécrètent des substances dont tu as besoin, ils évitent l'entrée dans l'organisme des micro-organismes pathogènes (c'est à dire ceux qui déclencheront des maladies) et ils font partie intégrante de la barrière intestinale.

Cette dernière fonction est assurée par le fait que les colonies s'organisent en biofilm, c'est à dire qu'elles créent une couche ou les micro-organismes adhèrent entre eux et à la muqueuse intestinale.

Ces locataires sont de diverses natures, c'est un véritable "melting pot". (je te fais grâce du nom de chacune des ethnies, ça n'a pas vraiment d'intérêt pour comprendre le principe de base) Mais ils se tiennent en respect et vivent ainsi, en harmonie et en équilibre. Ce qui veut dire que la présence de chacune des autres ethnies permet qu'aucune n'aie suffisamment de place pour se développer de façon anarchique.


Seulement cet équilibre est très fragile et peut vite basculer. Ainsi, si certains micro-organismes se font injustement expulser, des squatteurs viendront leur place... Et eux, ils ne payeront aucun loyer et mettront le bazar dans ton grand immeuble... Ou d'autres ethnies présentes naturellement se développeront plus qu'il ne faudrait, créant la même pagaille.


Bref... Cet équilibre précaire doit rester harmonieux, et c'est ton rôle de faire en sorte qu'il en soit ainsi.


Pourquoi le microbiote intestinal est-il si important ?

Tout ça c'est très bien, mais pourquoi on attache autant d'importance à ces colonies de micro-organismes invisibles ? Je te le donne en mille : parce qu'aussi microscopiques soient-ils, ils impactent ta santé à tous les niveaux... En gros : tu es le proprio, mais tu es loin de faire ce que tu veux !

Le microbiote impacte directement ou indirectement de nombreuses fonctions de l'organisme, et est corrélé avec des pathologies variées, qu'elles soient digestives ou non.


L'ensemble des travaux concernant la corrélation entre le microbiote intestinal et certaines pathologie avance encore à tâtons et les découvertes sont relativement récentes. Des liens semblent en ressortir, mais pour l'instant la physiopathologie exacte est le plus souvent encore floue.


Fonction barrière et impact sur le système immunitaire


Comme on l'a dit plus haut, le biofilm créé par les micro-organismes du mirobiote intestinal fait partie intégrante de ce qu'on appelle la barrière intestinale, avec le fonctionnement de la muqueuse en elle même.

Ainsi, c'est indirectement que le microbiote influe sur l'efficacité du système immunitaire, sur la tendance pro ou anti-inflammatoire, sur les allergies, ou encore l'apparition de maladies auto-immunes.

Pour en connaitre plus sur la fonction barrière intestinale, tu peux lire cet article :

Pourquoi l'intestin est-il si important selon nous les naturos ?


Un lien de corrélation est également effectué entre les Maladie Inflammatoire Chroniques de l'Intestin (comme la maladie de Crohn) et la qualité du microbiote. Certaines souches seraient en effet en quantité insuffisantes chez les personnes souffrant de ces maladies


Le microbiote est aussi mis en cause dans les troubles fonctionnels de l'intestin (comme le Syndrome de l'Intestin Irritable)


Impact sur le métabolisme :

Le microbiote a une activité métabolique équivalente à celle d'un organe du corps. Autrement dit : il s'en passe des choses là dedans ! Ça bosse ! Il y a de le production, de la dépense et de la création d'énergie, et du déchet !

Un lien est également mis en évidence : celui de l'obésité avec la qualité de la flore intestinale.

Certaines souches de bactéries, lorsqu'elles sont plus présentes dans la colonie constitueraient un facteur de risque à l'obésité ou encore à l'apparition du diabète de type 2.

Ainsi donc, il s'agit là d'une piste à explorer le cas échéant.


Impact sur le psychisme

La colonie qui vit dans ton intestin a également une influence non négligeable sur le psychisme. En effet la plupart d'entre nous sont conscient de l'impact du cerveau sur l'intestin, mais l'inverse est tout aussi vrai !

Regarde cette courte vidéo pour comprendre :


La qualité du microbiote est également mise en cause dans des pathologies comme l'autisme . Des études expérimentales montrent qu'un travail sur la flore intestinale améliore les signes de gravité concernant l'autisme.

Le microbiote est également mis en cause dans la pathogénie (c'est à dire le mécanisme qui a crée la maladie) de la schizophrénie.


Impact sur les autres microbiotes du corps


Il va sans dire que le microbiote intestinal est le chef de file de tous les microbiotes de l'organisme puisqu'il existe une flore résidente à peu prés partout sur le corps : sur ta peau, , dans ta bouche, sur tes parties intimes etc...

Un déséquilibre du microbiote intestinal va influencer les autres zones. C'est ainsi que les femmes souffrant de candidose digestive (développement anormal du candida albicans, un champignon, dans le tube digestif) se verront également souffrir de mycoses vaginales fréquentes, ou de mycoses unguéales (sur les ongles).


Quels facteurs impactent la qualité de TON microbiote ?

Le microbiote se développe petit à petit depuis la naissance, et de nombreux facteurs que tu ignores peut-être peuvent influencer sa qualité.


La naissance par césarienne


Lorsqu'un enfant naît par césarienne, il est extrait du ventre de sa mère de façon chirurgicale, et ne passe donc pas par les voies naturelles qui constituent pour lui un premier ensemencement avec la flore vaginale de sa mère.

Cet ensemencement est un premier pas vers un bon développement de son propre microbiote intestinal.

Bien entendu, la césarienne n'est jamais pratiquée au hasard et si l'indication d'une telle intervention a été posée, c'est qu'une naissance par voie basse constituait un risque important pour la maman, le bébé ou les deux. Néanmoins, cet état de fait peut constituer un facteur défavorisant le bon développement de la flore du bébé.


L'allaitement maternel


Deuxième point important, dont chacun de nous n'est pas responsable : l'allaitement maternel. Au delà de la transmission des anticorps, la mise au sein du bébé, permet également un ensemencement avec la flore de sa mère. Il ne s'agit pas là de culpabiliser les femmes qui s'y seraient refusées, ou qui auraient été dans l'incapacité de nourrir leur enfant au sein, mais juste d'une prise de conscience de ce qui peut influencer la qualité du microbiote intestinal.


Les traitements antibiotiques à répétition


Là encore, le débat n'est pas de discuter du bien-fondé des traitements antibiotiques. Tu sais que je suis infirmière toujours en activité et en aucun cas je ne vais à l'encontre d'un traitement antibiotique s'il est nécessaire.

J'en sais quelque chose, j'ai moi même eu droit à un traitement antibiotique de cheval suite à une pelviperitonite sur salpingite il y a 2 ans et demi. Ce traitement a complètement déglingué mon microbiote, et j'ai eu du mal à le requinquer, mais entre la septicémie et les antibiotiques .... Bah j'ai choisi les antibio ! Evidemment !

Le problème c'est que les antibio, ils dégomment les bactéries pathogènes (merci bien, parce que c'est pour ça qu'on prend le traitement) mais ils défoncent aussi les "bactéries-amies" ! Ils font pas dans le détail ! Du coup tout l'écosystème s'en trouve perturbé !

Mais on l'a dit : il y a des priorités...

Il peut être judicieux d'accompagner le traitement antibiotique par la prise de probiotiques pour éviter qu'il n'y ait trop de dégâts sur le microbiote... On verra ça un peu plus loin dans l'article.


La pilule contraceptive


La pilule contraceptive a également un impact très négatif sur la qualité du microbiote, aussi parce que bien souvent, elle est prise sur du très très long terme. Les femmes qui ont pris la pilule sur 10 ou 20 ans ne sont pas rares, faute d'avoir trouvé d'autres moyens de contraception suffisamment efficace à leurs yeux.


Les traitements par Inhibiteurs de la Pompe à Proton


C'est ce qu'on appelle plus communément les IPP. Ce traitement est en général donné aux personnes qui souffrent de brûlures gastriques et de remontées acides. Il peut parfois s'avérer nécessaire, mais doit rester temporaire, car les IPP au long cours bouleversent le microbiote digestif.

Malheureusement de nombreuses personnes consomment des IPP au quotidien car sans eux, elles n'arrivent pas à calmer leurs brûlures à l'estomac.

Voilà mon avis sur le sujet : si le traitement IPP est inefficace, ou que les remontées et brûlures persistent après un traitement de quelques jours, c'est peut être tout simplement

parce que le problème est mal identifié. Les remontées acides peuvent aussi venir au contraire d'un manque d'acidité dans l'estomac.

Ne me prend pas pour une folle, haha ! Je t'explique : Un manque d'acidité dans l'estomac entraîne une mauvaise vidange, plus lente, et moins efficace, tout simplement parce que les étapes de digestions qui sont sensées s'y dérouler n'ont pas pu se faire en temps et en heure, donc tant que ça n'est pas fini, ça ne se vidange pas... L'estomac est plein, longtemps, ça fermente la dedans, et ça a tendance à remonter et à brûler l’œsophage qui n'est pas équipé pour supporter la présence de ce contenu...

Et qu'est ce qui provoque un manque d'acidité dans l'estomac ??? Le stress par exemple ... ( je te renvoie vers mon cours vidéo sur la physiologie du stress si ça t'intéresse...)

Donc si les IPP ne fonctionnent pas au bout de quelques jours, dis toi que le problème est ailleurs... Fin de l’aparté !


Certains virus


Le fait d'avoir été infecté au cours de la vie par certains virus, comme celui de la mononucléose (Epstein Barr), de l'herpes (Herpès Simplex Virus) ou encore de la varicelle (Varicella Zoster Virus) peut également influer sur la qualité de ta flore résidente intestinale.


L'alcool et le tabac


Tabac et alcool ne font pas bon ménage avec les colonies de ton intestin ( et de tout ton corps d'ailleurs). En outre, un lien de corrélation a été fait entre l'arrêt du tabac et la prise de poids qu'il entraîne souvent, en dehors de toute compensation alimentaire. La modification de la flore créée par le sevrage, engendrerait une digestion et une métabolisation différentes des nutriments et des calories de la nourriture ingérée.


L'alimentation :

Bien entendu, tu t'en doutais, l'alimentation a un effet énormissime sur tout ce beau monde qui réside dans ton intestin ! Mais ça, c'est un facteur sur lequel tu peux agir, contrairement à la plupart des autres. Une alimentation riche en fibres est indispensable à la bonne santé de ta flore intestinale. On va voir ça dans la suite de l'article.


Comment prendre soin de ton microbiote ?


Tout d'abord je voudrais qu'on fasse bien la nuance entre le rééquilibrage d'une flore déséquilibrée (ce qui est un travail de longue haleine qui ne se fait pas n'importe comment) et l'entretien d'une flore qui va bien et sur laquelle on travaille au maintien de l'équilibre.


Un déséquilibre du microbiote intestinal s'appelle une dysbiose. Cette dysbiose peut se manifester par des douleurs abdominales, des ballonnements, de la constipation, des diahrrées voire une alternance des deux, des flatulences trop fréquentes, particulièrement odorantes.

La dysbiose peut concerner le côlon, mais aussi l'intestin grêle avec un développement anormal et trop abondant dans cette partie du tube digestif, voire même un reflux du duodenum vers l'estomac, provoquant des fermentations anormales...

Le microbiote intestinal étant une composante à part entière de la barrière intestinale, la dysbiose va bien souvent de paire avec l'hyper-perméabilité intestinale : à savoir le phénomène d'"intestin-passoire"


Que faire en cas de dysbiose soupçonnée

Dans un premier temps il convient de consulter un gastro-entérologue afin d'éliminer toute autre éventuelle pathologie, car les signes précédemment cités sont bien souvent retrouvés dans de nombreuses pathologies digestives. Il convient de diagnostiquer la maladie, s'il y en a une, avant d'envisager quoi que ce soit comme procédure.


Dans un deuxième temps, je pense sincèrement que prendre des probiotiques en gélules en première intention est une erreur.

En effet je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut d'abord éliminer les indésirables avant de tenter de réensemencer.

Apporter des probiotiques dans une colonie où règnent les indésirables, et où certaines ethnies se sont développées à outrance, ne ferait que les nourrir.

Ce protocole que je conseille à mes clients est inspiré du travail du Dr Donatini sur le sujet, et est à base d'huiles essentielles, suivies seulement dans un deuxième temps, d'une cure de probiotique associée à des prébiotiques. Il est systématiquement individualisé. Ce travail ne peut se faire que dans le cadre d'un bilan de vitalité approfondi.


Donc clairement : en cas de dysbiose soupçonnée c'est "allô docteur ??" puis "allô le naturopathe" .

Clairement les probiotiques que tu consommeras sous forme de gélule ou même sous forme alimentaire ne remplaceront pas TA flore. Par contre leur présence, une fois les souches trop développées ou les indésirables éliminés, favorisera le retour d'un équilibre de TA flore.


Comment favoriser le maintien d'une flore bien équilibrée :

Une alimentation riche en fibre :


C'est simple, les fibres sont des prébiotiques, c'est à dire la nourriture de ta flore. Plus ton alimentation est équilibrée en fibres alimentaires et plus ils se régalent !

Les fibres sont contenues dans les fruits et les légumes bien sûr, mais pas seulement !

Tu peux aussi ajouter dans ton alimentation des oléagineux, des graines de chia et des graines de lin que tu auras préalablement moulues (pour les graines de lin)


Consommer des aliments-probiotiques :


Certains aliments solides ou boissons sont de véritables probiotiques en eux-même.

Ici on ne parle pas d'apporter des probiotiques grâce à des gélules de souches bactériologiques mais bien de manger des aliments.

Rien de tel que l'alimentation pour apporter à ton corps ce dont il a besoin : tu dois toujours commencer par là avant de passer à des compléments.

Parmi les aliments qui favoriseront le maintien de ta flore on retrouve les aliments fermentés comme la choucroute (mais pas les patates et la charcut' qui vont avec hein !), les cornichons, les yaourts, le kéfir de fruit, le kéfir de lait, le kombucha et tous les aliments lacto-fermentés que tu auras pu conserver en saumure.

Une consommation régulière de ces éléments contribuera à maintenir une bonne flore intestinale. Mais comme d'hab : on abuse de rien !


Accompagner tes traitement antibiotiques par une cure de probiotiques


Si tu dois prendre un traitement antibiotique, pense à l'accompagner avec une cure de probiotiques en gélule. Certains y sont spécialement dédiés. Cela évitera que l'antibio ne fasse un trop gros carnage parmi tes "bactéries-amies" et que tu ne sois dans l'obligation de traiter une dysbiose par la suite.


La greffe fécale : un nouvel espoir ?


Alors ça va te paraître complètement fifou mais maintenant, en cas d'infection récurrente au clostridium difficile on peut envisager une greffe fécale (appelée bactériothérapie fécale). Ce qui veut dire que la personne malade reçoit une greffe bactériologique issue d'un donneur de selles ! Dingo non ? Et ça marche ! Cette procédure encore au stade expérimental est très prometteuse !


Tu en sais maintenant un peu plus sur tout ce joli monde qui réside dans ton intestin ! A toi de prendre soin d'eux, pour que grâce à eux, tu aies une excellente santé !


Grâce à un bilan approfondi, je peux t'accompagner à repérer et rééquilibrer une éventuelle dysbiose, prends rendez-vous pour une consultation en visio ou au cabinet !


A bientôt sur TaNaturo.com


#microbiote #floreintestinale #intestin #probiotiques #prébiotiques


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TaNaturo

Manon Vitte Naturopathe Diplômée

Toul (54)

06 14 72 15 02

manon.vitte@yahoo.fr

Siret : 831 913 553 00010