La taurine : bienfaits et danger, mythe ou réalité ?

Mis à jour : 6 déc. 2020

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#MarreQuOnMeVoleMonBoulot



En matière de nutrition, les vitamines, minéraux et oligo-éléments sont connus de façon populaire. En effet chacun sait, sans pour autant connaître le détail, que calcium, magnésium, phosphore, fer, cuivre, entre autres, sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme et à la santé.

Les acides aminés, eux, sont bien moins connus. Pourtant ils ont toute leur place et leur utilité dans la nutrition et le métabolisme de l’organisme humain.

En effet chacun d’entre nous en consomme quotidiennement. C’est simple : si la protéine était un collier, les acides aminés seraient les perles qui le composent.

Ici va être abordé un acide aminé un peu particulier : la taurine.

Son simple nom ne fait souvent réagir que l’oreille des sportifs ou celle des adeptes des boissons énergétiques, qui pensent connaître (parfois à tort) cet élément qui compose l’organisme.

Portrait :


Les acides aminés (les perles de notre collier), sont au nombre total de 20 et sont classés par famille, en fonction de leur composition moléculaire.

La taurine est un dérivé d’acides aminés dit « souffrés ». Autrement dit, il ne s’agit pas d’un véritable acide aminé à part entière, mais d’un produit de la transformation de la méthionine et de la cystéine (qui elles, sont 2 véritables perles du collier)

La composition chimique de la taurine est différente de celle des acides aminés classiques (au sens strict et scientifique du terme). Elle ne contient pas de groupement carboxyle. On parle alors d’« acide aminé sulfonique »

La taurine a été découverte en 1827 par Tiedeman et Gmelin (des chercheurs allemands), dans la bile de bœuf ; d’où son nom tout trouvé, venant du mot latin taurus, signifiant taureau.

Malgré qu’elle n’appartienne pas à la liste des acides aminés classiques, la taurine est le 2ème acide aminé les plus abondant dans les muscles squelettiques. Mais on en trouve également des concentrations non négligeables dans d’autres tissus du corps humain comme le cerveau et la rétine, là où un fort déploiement énergétique est nécessaire.

Parmi les acides aminés, certains sont considérés comme « essentiels » : ce qui signifie que le corps ne peut pas les fabriquer lui-même et qu’ils devront, par conséquent, être invariablement amenés par l’alimentation.

Etant donné qu’elle peut être élaboré à partir de la cystéine, le corps peut donc synthétiser la taurine de façon autonome. Cependant, la cystéine est un acide aminé très demandé dans l’organisme, dont les besoins sont particulièrement augmentés en cas de stress (fléau auquel chacun d’entre nous est souvent confronté), et en présence de polluants solubles dans les graisses.

De plus, la synthèse de la taurine à partir de la cystéine nécessite un apport de vit B6 (vitamine dont manque approximativement 80 % de la population et également surutilisée en cas stress). La disponibilité de la cystéine peut donc s’avérer insuffisante.

D’autres recherches menées par Sturman entre 1977 et 1987 ont montré que la taurine était indispensable à la maturation cérébrale alors que les capacités de synthèse du nourrisson sont quasiment nulles.

On peut donc considérer la taurine comme « conditionnellement essentielle ». Autrement dit : un apport alimentaire (voire supplémentaire) peut s’avérer nécessaire.

Du fait de ses légères différences chimiques avec ses cousins les acides aminés classiques, la taurine ne se trouve pas dans l’organisme au sein même de la structure des protéines. Elle est cependant présente dans l’espace intracellulaire de certains tissus, sous forme libre, où elle a ses propres rôles à jouer.

Rôles dans l’organisme

Les fonctions de la taurine sont nombreuses et elle agit sous la casquette de neurotransmetteur.

Contrairement à la croyance populaire, il ne s’agit pas d’un agent excitant !

Fonction cardiovasculaire


Sa présence au niveau cardiaque, à hauteur de 50% des acides aminés, lui confère des propriétés antiarythmiques et augmente la force et la constance de contraction du muscle cardiaque. Elle agit également comme régulateur de la production d’angiotensine (une hormone impliquée dans le maintien de la pression artérielle et du volume sanguin).

La taurine temporise donc l’augmentation de la pression artérielle.

Elle contrôle également le taux de triglycérides et de cholestérol circulants, évitant leur oxydation et permettant ainsi une meilleure santé des vaisseaux sanguins.

Digestion des lipides


La taurine est directement impliquée dans l’élaboration des sels biliaires par le foie. La bile et ses sels biliaires, ont pour rôle d’excréter les déchets de l’organisme, mais aussi de favoriser la digestion des graisses en les émulsionnant. Par ce biais, elle favorise la digestion des lipides et l’élimination du cholestérol. Cette optimisation de l’absorption des graisses engendre, de fait, une meilleure assimilation des vitamines liposolubles (c’est-à-dire qui se dissolvent dans les graisses), apportées par voie alimentaire, que sont les vitamines A, D, E, et K.


Effet détoxifiant


Par la même action via la bile, la taurine aura un effet détoxifiant, puisqu’elle favorisera l’élimination des déchets. Elle constitue également un inhibiteur de la pénétration de l’éthanol (alcool) et des métaux lourds à l’intérieur des cellules.

La taurine présente, en outre, un effet cytoprotecteur (c’est à dire protecteur des cellules) sur les tissus où elle se trouve en abondance, tels que la rétine, le cerveau, le cœur, les reins et les muscles squelettiques.

Effet anti-oxydant


La taurine possède un effet anti-oxydant direct modéré, mais aussi un impact indirect en favorisant l’activité du Superoxyde Dismutase (l’un des plus puissant anti-oxydant enzymatiques). Ainsi, elle participe à la réduction du stress oxydatif et protège l’organisme des radicaux libres et du vieillissement prématuré.

Homéostasie cellulaire


La taurine stabilise la membrane des cellules de l’organisme, par maintien de la structure, de la perméabilité et de la polarisation. Elle exerce une régulation osmotique en agissant sur les transports d’ions magnésium/calcium et sodium/potassium : autrement dit, elle permet un effet « anti rétention d’eau ».

Par son action sur l’angiotensine, qui régule la volémie plasmatique (donc le volume de sang circulant) la taurine permet aussi le contrôle de l’équilibre hydrique et électrolytique de l’organisme.

Équilibre nerveux, lutte contre l’anxiété


La taurine favorise l’action d’autres neurotransmetteurs comme le GABA (Acide g-amino-Butyrique) et la sérotonine dans la lutte contre l’anxiété, en tant qu’agent calmant.

Elle réduit les quantités d’adrénaline libérées par les surrénales, et de noradrénaline par le système nerveux lorsqu’il est soumis au stress.

Grâce à son effet modulateur sur les récepteurs NMDA, elle agit contre la mort neuronale et présente donc des propriétés anti convulsivantes.

D’autre part, la taurine agit en synergie avec le magnésium, en épargnant sa fuite de la cellule, particulièrement en cas de stress. C’est un rétenteur du magnésium intracellulaire.

Elle constitue aussi un excellent neuroprotecteur en réduisant le risque d’hyperexcitation.

La taurine est donc un agent calmant, alliant à la fois réduction de la vulnérabilité au stress et protection vis à vis de ses conséquences.

Propriétés anti inflammatoires


En neutralisant l’hypochlorite (eau de javel), substance produite par les globules blancs, la taurine offre donc des propriétés anti inflammatoires.

Taurine et transport du glucose


La taurine inhibe le transporteur du glucose SLGT-1 (sodium/glucose coTransporter-1) qui diminue son absorption intestinale. Elle améliore en outre la sensibilité à l’insuline.

Les aliments riches en taurine


Les principaux aliments riches en taurine sont ceux contenant des protéines


Poissons et crustacés :

Capelan entier : 6,174g /kg de poids sec

Maquereau entier : 9,295 g /kg de poids sec

Crabe cuit : 5,964 g /kg de poids sec

Filet de saumon ‘ alaska : 4,401 g / kg de poids sec

Fruits de mer (huîtres et palourdes)

Volailles (poulet, dinde)

Foie de poulet : 6,763 g / kg de poids sec

Bœuf

Bœuf désossé : 197 mg /kg de poids sec

Foie de bœuf : 2,359 g / kg de poids sec

Agneau : 3,376 g / kg de poids sec

Lait maternel :

Le lait maternel contient naturellement de hautes concentrations en taurine, particulièrement le colostrum (1er lait après l’accouchement). Cela permet de suppléer l’incapacité du nourrisson à synthétiser la taurine à partir de la cystéine.

Ainsi, on peut aisément déduire pourquoi l’on retrouve la taurine dans la composition des laits infantiles : le lait de vache n’en contient pas suffisamment pour pallier à l’incapacité de synthèse du nourrisson, elle est donc rajoutée à la liste d’ingrédients.

Les algues

Selon une étude de 1997 publiée dans la revue « Plant physiologie », les algues marines contiennent aussi de la taurine contrairement aux légumes cultivés en pleine terre.

Apport journalier recommandés :

Il n’existe pas d’AJR officiel concernant