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Naturopathes : comment pratiquer sereinement dans le contexte actuel

Dernière mise à jour : 10 févr.



Force est de constater que depuis quelques mois, la naturopathie est dans la tourmente. Visée par les médias mainstream comme une pratique de charlatans, dans le collimateur de nombreux médecins et souffrant des différentes affaires pénales mettant en cause des praticiens peu scrupuleux, la naturopathie suscite désormais la méfiance.


Pourquoi la naturopathie est-elle malmenée et comment exercer sereinement dans ce contexte difficile, pour une pratique à la fois efficace et sécuritaire pour le consultant, et épanouissante pour le praticien.


Pourquoi la naturopathie est-elle dans la tourmente ?

Les raisons sont multiples et bien connues :

  • Le manque de cadre juridique

  • Des praticiens peu scrupuleux qui font beaucoup parler d'eux

  • Un mauvais positionnement sur le concept même de l'utilité de la naturopathie

  • Un enseignement dysharmonieux en fonction des écoles et insuffisamment clair sur le positionnement à avoir en tant que praticien

  • Des méthodes d'évaluations contestables lors du cursus, qui permettent à des personnes qui n'ont pas le niveau d'obtenir des certificats qui leur donneront une crédibilité face aux consultants potentiels, mais qui n'ont pourtant pas les véritables compétences pour exercer.

Depuis que j'accompagne les étudiants naturopathes en fin de cursus, et les naturopathes nouvellement certifiés, je me suis aperçue d'un fait qui me désarme : les niveaux sont très disparates...

Et la plupart du temps, ça n'a pas à voir avec la qualité de la formation en elle-même. Certains étudiants m'épatent, tant ils parviennent à fournir un travail d'une qualité exceptionnelle après avoir suivi leur formation initiale, puis ma formation de perfectionnement (Upgrade Naturo Practice). Je me dis pour certains que je n'avais pas ce niveau à ma sortie d'école, et que même aujourd'hui, je n'aurais pas mieux fait.


A contrario, je suis parfois face au cas inverse : malgré la formation initiale, puis la mienne. le niveau n'est pas là....

J'avoue que ça me questionne, particulièrement lorsque la formation initiale était une formation reconnue comme étant de qualité.


Je finis par me dire que tout le battage fait autour de la naturopathie n'a pas uniquement pour cause un manque de diplômes et de formation de la part des praticiens qui font de la merde, mais que le véritable problème est plutôt celui d'un manque de compétence qui engendre un mauvais positionnement.


J'ai de plus en plus l'impression qu'en France, on valorise plus les diplômes et les certificats que les réelles compétences, et ça pose problème.


Pourquoi je dis ça ? Parce que j'ai parfois été face à des praticiens en devenir qui étaient clairement mal positionnés, malgré leurs formations, diplômes, et certificats...


À un moment, j'ai pensé que c'était parce que j'avais été paramédicale à l'hôpital que je pouvais clairement déterminer les limites de la naturopathie, et l'utilité de ma pratique... Parce que j'avais aussi été de l'autre côté : celui de l'allopathie. Mais non, ce n'est pas ça, car je suis aussi tombée sur des paramédicaux reconvertis, qui font de la merde... Pardon je suis vulgaire, mais je crois qu'il n'y a pas d'autres mots.


Où est le manque alors ?

Je crois que le manque se situe à deux niveaux :

  • L'enseignement d'un positionnement clair : je pense que dans beaucoup d'école on ne fait pas clairement comprendre aux étudiants qu'ils ne vont pas sauver le monde et l'ensemble des pathologies chroniques à coup d'ortie (ou d'autre plantes... C'est une image). Moi-même, j'étais mal positionnée au départ, et c'est l'expérience qui m'a fait recadrer le tir.

  • L'évaluation des candidats lors de la formation initiale : la bienveillance et tout et tout, c'est super, mais à un moment si la personne n'a pas le niveau, elle ne devrait pas obtenir son certificat. C'est ainsi que ça se passe pour toutes les études secondaires : il y a des examens pour évaluer les compétences. Si ça ne passe pas, ça ne passe pas ! Il y a des gens qui ne sont pas fait pour ça, malgré toute la bonne volonté du monde. Et je crois qu'il faut songer, que ces personnes qui manquent de compétences, seront ensuite sur le marché des professionnels, et qu'ils alimenteront les polémiques sur le métier, par leur manque de compétence... J'ai de plus en plus l'impression que les évaluations sont "données", qu'on a autant d'essai qu'on veut pour réussir.

Tu vas me dire : mais il y a des mauvais dans tous les métiers ... Certes ! Sauf qu'en l'état actuel des choses, est-ce que la naturopathie peut se permettre d'avoir autant de mauvais parmi ses rangs... Je ne crois pas...


Bon ...


Du coup, comment exercer sereinement dans ce contexte là ??? J'avoue que ça commence à devenir compliqué...


Un positionnement clair

Je pense sincèrement que c'est le critère N° 1. L'indipensable.


Comme je l'ai souvent expliqué dans plusieurs articles concernant la pratique professionnelle : la naturopathie n'a pas pour objectif de soigner quoi que ce soit. Si vous êtes dans cette dynamique, vous faites fausse route.

Si vous pensez soigner les gens, vous vous trompez. Soigner ça n'est pas ça. Et si je le dis, c'est parce que soigner les gens, je l'ai fait lorsque j'étais à l'hôpital, et donc que je sais de quoi il s'agit réellement.

En tant que naturopathe, vous devez faire la paix avec le concept de soigner et le concept de guérison.

Vous n'êtes pas là pour ça. Ce n'est pas votre rôle, ce n'est pas là que vous serez utile. Au contraire : vous allez vous planter, et planter votre consultant avec.


La fonction du naturopathe se situe dans la case bien-être, et il n'y a aucun complexe à avoir avec ça, car ça vaut son pesant d'or.


Je m'explique : votre travail ne consiste pas à tenter de soigner des maladies (ce qui reviendrait à considérer la personne uniquement par sa pathologie d'ailleurs, et non dans. sa globalité)


Votre travail est d'accompagner vos consultants vers dans des changements d'habitudes de vie en adéquation avec leur problématique (qu"il s'agisse d'une pathologie ou non), pour majorer leur bien-être et arrêter d'alimenter leur maladie ou leur trouble s'ils en ont un(e).


C'est là tout l'intérêt de chercher les causes (qui sont souvent multifactorielles) : c'est pour fermer les robinets de ce qui alimente le trouble, que ce soit au niveau physique, mental et émotionnel.

En procédant ainsi, vous ne traitez rien, vous ne soignez rien, vous ne guérissez rien. Par contre, vous accompagnez, pas à pas votre consultant à avoir une vie la plus adaptée possible, face à ses troubles.


Le résultat : plus de bien-être, plus d'apaisement : la personne se sent mieux sur le long terme et ça a fatalement un retentissement direct sur le trouble.

Pourquoi vous n'avez rien guérit ?

Tout simplement parce que si la personne reprend ces mauvaises habitudes de départ, elle verra revenir le trouble !

Quand on est guérit, on est guérit ! Ça ne revient pas ! Donc guérir ce n'est pas ça...


Ce que fait la naturopathie : c'est contribuer (et je dis bien contribuer, parce que la naturopathie n'agit pas seule, elle agit en complément de l'allopathie) à faire taire la maladie, à la rendre moins bruyante et du coup à aider le consultant à se sentir mieux et à mieux vivre avec.


Un vocabulaire adéquat

Dans la lignée directe du 1er critère, utiliser un vocabulaire adéquat est aussi indispensable.

N'utilisez pas les mots soigner, guérir, médecine, thérapie etc...

Pourquoi ? Parce que ça alimente la confusion, et ça ne donne pas à vos consultants potentiels la véritable vision de ce que vous faites.

A vous d'expliquer simplement, avec vos mots ce qu'est la naturopathie, sans ressortir le discours imbuvable qu'on retrouve partout y compris sur wikipédia, complètement opaque, auquel on ne comprend rien, et auquel on a envie de répondre : mais ça veut dire quoi en fait ???

Utiliser le bon vocabulaire vous évitera aussi bien des problèmes au niveau juridique !

Et ça aussi, je trouve que ça n'est pas suffisamment enseigné dans la plupart des écoles.

Moi quand je vois des sites internet, où il est écrit en énorme : "Mme Machinette, naturopathe, pratique la médecine douce pour vous guérir de vos maladie", bah j'ai mal à ma naturopathie, comme dirait l'autre !


Une transparence sur les méthodes de travail

Troisième paramètre, et pas des moindres, soyez clairs sur vos méthodes de travail et votre façon d'envisager :

  • la naturopathie

  • la consultation

  • les objectifs et les résultats envisageables

  • les outils que vous utilisez et ceux que vous n'utilisez pas.

Là aussi, utilisez vos propres mots pour définir votre travail, soyez simples.

Ne laissez pas vos consultants faire fausse route sur ce qu'ils peuvent attendre de vous : sinon ils seront invariablement déçus !

Pas de mystère, pas de secret, pas d'ésotérisme (parce que ce n'est pas de la naturopathie)

Ainsi vos consultants seront au clair avec votre façon de travailler.


Une pratique cohérente avec ce qui est annoncé

On en arrive avec le point qui me fait le plus halluciner.

Je m'explique : j'ai pu constater, que certains praticiens tenaient un certain discours politiquement correct "face caméra", mais une fois au cabinet : c'est tout autre chose qui se passe, et le naturo fait complètement l'inverse.

Objectif : paraître rigoureux en cas de problème juridique, mais en fait je fais ce que veux dans mon cabinet, ni vu ni connu ...


Bon là, pour moi ça dépasse l'entendement, je me dis quand je vois ça que la connerie humaine est sans limite (pardon hein...)

Mais là on est dans la tromperie, carrément...

Si vous pratiquez comme ça, ne soyez pas étonné de vous retrouver un jour sur le banc des accusés.


Il est bien évident que votre véritable pratique professionnelle doit parfaitement coller à ce que vous annoncez sur votre site internet, ou tout autre support : réseaux, flyers, communication etc...


Soyez cohérents, soyez carrés, soyez pro et participez à redorer le blason de la naturopathie !

Les instances, les lois, les diplomes c'est trés bien, mais c'est sur le terrain en pratiquant de façon claire, sécuritaire et professionnelle que vous participerez à votre niveau à donner à sa place à la naturopathie en France !


A bientôt sur TaNaturo !


 

Je suis Manon Vitte, praticienne naturopathe certifiée FENA depuis 2017 et infirmière de bloc opératoire de formation initiale (en activité de 2003 à 2021). Mon cabinet se trouve à Toul en Meurthe et Moselle.


Depuis 2017 j'anime avec joie et sans complexe ni tabou, le blog TaNaturo, la naturopathie dépoussièrée et Rock'N'Roll, pour partager mes connaissances et ma vision de la naturopathie avec décontraction !



En parallèle de mes consultations de naturopathie, j'ai conçu de nombreux outils pour faciliter ma propre pratique professionnelle. Désormais, je les partage et les mets à disposition de tous sur la boutique TaNaturo, pour que toi aussi tu puisses avancer plus vite et plus efficacement dans ta pratique.

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6 Comments


Bel article.

Je m'inscris tout à fait dans cette dynamique. Peut-être parce que j'ai passé près de 20 ans en milieu hospitalier, je veux aller là où la médecine conventionnelle ne va pas, le bien être, le confort, l'apaisement, la douceur...A l'aide des outils dont nous disposons, nous sommes des éducateurs de santé et nous accompagnons nos clients à réinvestir leur corps et à prendre soin de leur santé.

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Très bon article. Clair, direct et tellement juste. Merci beaucoup pour ces rappels t si importants

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Encore une fois merci Manon pour cette explication on ne peut plus claire . Cest important de le répéter !

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Maryline H.
Maryline H.
Feb 20, 2023

Je suis complètement d'accord avec vous.

Merci beaucoup pour tous les outils que vous partagez, ils complètent grandement ma formation que je trouve un peu légère.

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Super message , bravo et merci pour tout ce que vous faites

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