La ménopause précoce : quand tout s'arrête à 40 ans

Dernière mise à jour : 22 août

Témoignage : Découvrir, à 40 ans que son corps se dirige dangereusement vers une ménopause précoce, passer par toutes les étapes allant du déni à l'acceptation et prendre les choses en main...



 

Je m'appelle Manon, j'ai 40 ans .

Je crois que 40 ans c'est vraiment le bel âge pour une femme. Certes, on vieillit, on ne comprend plus vraiment les jeunes, mais à 40 ans on est épanouie, on s'assume, on vit pleinement et c'est tellement satisfaisant. Les femmes sont au top à 40 ans !


Tout serait parfait, si un grain de sable n'était pas venu enrayer les rouages bien huilés de cette vie devenue si enrichissante.


Et oui, à 40 ans, je montre déjà absolument TOUS les signes d'une ménopause précoce imminente. Je suis dans cette période transitoire qu'on nomme la péri ménopause ou pré ménopause.


Voilà mon histoire, puisse-t-elle servir aux femmes dans mon cas, pour accepter et prendre la situation en main.


Le début des emmerdements

J'ai toujours eu une assez bonne santé. Je tiens ça de ma mère, une force de la nature... Merci la génétique !

Mais en 2017, le premier domino de la cascade d'emmerdement est tombé, point de départ de nombreuses conséquences pour ma santé, que je n'aurai pas soupçonnés.


Comme tu le sais peut-être, j'ai longtemps travaillé à l'hôpital public en tant qu'infirmière de bloc opératoire. L'avantage qui reste encore aux personnels des hôpitaux, c'est d'obtenir des rendez-vous médicaux avec des spécialistes en un temps record, hors des plages normales de consultations dédiées aux patients. Nous connaissons bien les médecins, ils sont nos collègues, et ils nous reçoivent ainsi en consultation pour nous rendre service.


Ainsi donc, après plusieurs semaines à souffrir d'infections vulvaires soignées au coup par coup, de douleurs diffuses du bas ventre et de saignements importants lors des rapports sexuels, et à m'en plaindre auprès du chirurgien gynécologue que j'assiste toutes les semaines (et qui est mon gynécologue aussi) , celui ci me propose une consultation.

Ne pouvant vraiment expliquer ces douleurs, il m'ôte le stérilet posé quelques semaines plus tôt. Il pense que c'est ça le problème.

"Non, Doc, ça ne va pas, c'est pas ça..." Lui dis-je... "Il y a un problème, je ne suis pas bien..."


Après interrogatoire et auscultation, et sans pouvoir faire de diagnostic sur le moment :

"Je peux t'opérer vendredi pour une coelio explo, si tu veux..."

J'ai eu le sentiment qu'il me proposait ça comme une provocation... Qu'il ne me croyait pas.

(C'est assez insupportable, en tant que femme, de sentir qu'on te prend pour une chochotte... Mais écoutez nous, bordel ! On sait ce qu'on dit !)

"Oui" lui répondis-je

Le fait que j'accepte sans hésiter lui a peut-être fait comprendre que je ne plaisantais pas...

" Très bien, je te programme vendredi pour une hystéroscopie et une coelioscopie exploratrice, on verra bien s'il y a quelque chose..."


Le vendredi arrive, il m'opère.

A mon réveil, il m'explique qu'à sa grande surprise, j'étais en pleine pelvi-péritonite sur salpingite. Autrement dit, mes trompes étaient infectées, en train de pourrir, et surtout en train de contaminer le reste de mon ventre... Il a donc du m'enlever complètement les 2 trompes, et nettoyer tout le bas ventre.


Ah non, je ne faisais pas du chiqué !


Désormais plus de grossesse naturelle possible : je ne pouvais plus avoir d'enfant, mais ça n'était pas un problème : je ne souhaitais pas en avoir d'autres, de toute façon.

J'ai eu beaucoup de mal à me relever physiquement de cette intervention et de cette infection gynécologique haute.


Mais je pensais que le problème était réglé. Arf... Pas trop non...


Les premiers symptômes de la pré ménopause

Quelques temps après, les premières bouffées de chaleur sont apparues... Sensation complètement inconnue pour moi qui suis un "cul gelé"... Dans un premier temps, il a fallu les identifier ! C'est ça des bouffées de chaleur ?? On dirait bien.

Je lui fis donc part de ces inconforts qui m'arrivaient de temps en temps...


"C'est pas possible Manon, l'intervention ne peut pas être la cause. On n'a pas touché tes ovaires pendant l'opération..."


Bah pourtant on dirait bien qu'il y a problème ! Avant, tout allait bien et maintenant j'ai des bouffées de chaleur par période ! Arf... C'est peut-être dans ma tête...


Pendant des mois je suis restée avec ce seul signe : quelques bouffées de chaleur de temps à autres... Désagréables, mais transitoires...

Me voilà en train d'avoir des discussions et des échanges de ressentis avec des femmes qui ont 15 ans de plus que moi... Assez dérangeant quand on y réfléchit...


La ménopause précoce à 40 ans touche 1% des femmes

Et puis, depuis 2 ans, les autres signes sont arrivés, les uns après les autres...


D'abord une prise de poids d'environ 8 ou 9 kg uniquement autour du ventre. Moi, qui ai toujours été un petit gabarit, je commence à enfler de l'abdomen petit à petit, alors que rien n'a changé dans mon hygiène de vie... Je deviens une "femme - boulette"


Puis le relâchement ... Le relâchement de tout ! De la peau, du périnée. J'ai l'impression d'être de plus en plus "momolle" sans comprendre pourquoi. Je me regarde dans le miroir : j'ai pris une claque ! Je me rends compte que j'ai pris des rides, et que mes bas-joues commencent à descendre... (comme les femmes plus âgées... Les petites mamies...)


Mais qu'est ce qui se passe bon sang !


Puis la sécheresse vaginale, la libido parfois en berne de façon complètement inexplicable et incompréhensible...


La fatigue, les sautes d'humeur, quelques fois des insomnies (moi qui suis une marmotte) et surtout : un syndrome prémenstruel carabiné ! Si on peut appeler ça un syndrome prémenstruel, parce qu'il dure pendant plus de 15 jours, tous les mois, si bien que je ne sais absolument pas où j'en suis au niveau ovulation : digestion catastrophique, douleurs au ventre, seins qui doublent de volume et qui supportent à peine le toucher et le soutien-gorge...


Les joies des symptômes de la ménopause précoce quoi...


Les cycles sont anarchiques, oscillant entre 20 et 40 jours. L'abondance, l'aspect et la durée des règles également...


Il faut se rendre à l'évidence... C'est déjà la fin pour moi : la ménopause précoce va survenir...

J'ai longtemps mis ma tête au fond du trou comme une autruche, refusant de faire le lien entre tous ces symptômes bizarres et inaccoutumés, et refusant d'admettre ce qui était en train de se passer...


Alors pendant ces 2 dernières années : je n'ai rien fait... J'ai beau être naturopathe, j'ai laissé s'installer cette étape de vie sans l'accompagner, car je ne voulais pas admettre que ça puisse être ça : la ménopause précoce et imminente à 40 ans...


Pourquoi ? Pas parce que je me sens touchée dans ma féminité. En tant que femme, ne plus avoir ses règles : tant mieux, parce que c'est chiant ! Non ça n'est pas le problème ...

Non...


J'ai peur... Peur pour ma santé, parce que je sais trop ce que l'arrêt des hormones (œstrogène et progestérone) va faire à mon organisme...

J'ai peur de me casser comme du verre à 60 ans, bourrée d'ostéoporose... J'ai peur pour ma santé cardiovasculaire... Je sais que plus la ménopause arrive tôt et plus les risques sont accrus...

Alors inconsciemment, j'ai longtemps fermé les yeux, refusant d'admettre cette évidence bien trop prématurée à mon goût. Pourtant, je la vois bien arriver, cette ménopause, et elle est bruyante, comme pour me rappeler qu'elle est là et que je fais tout pour ne pas la voir.


Mais plus le temps passe et plus les signes deviennent violents et insupportables. Je fais les frais de l'insuffisance de mes taux d'hormones. C'est l'anarchie hormonale ! Haha ! (Mieux vaut en rire)

Il faut accepter ce qui est en train de se passer et prendre les choses en main plutôt que de cacher ses yeux comme un enfant qui a la trouille.


La ménopause n'est pas une maladie, c'est une étape de vie à accompagner.

Alors voilà, j'ai 40 ans et je vais bientôt voir arriver la fin de mes cycles ovariens. Je dois m'y préparer et surtout m'adapter à l'après.

La ménopause ne sera effective qu'à l'absence totale des règles.


Me prendre en main, c'est accepter et limiter les dégâts.

Le risque, c'est qu'une fois que la ménopause est bien là et que les cycles sont arrêtés, la plupart des troubles disparaissent... Alors on se laisse vivre, sans voir venir arriver l'ostéoporose et les troubles cardiovasculaires.


Pourtant c'est là qu'il faudra agir, maintenir la qualité osseuse, les apports en calcium, en magnésium, en vitamine D et C, avoir une alimentation encore plus riche en micronutriments, faire du sport pour maintenir le capital santé.

Mais hors de question de prendre un quelconque traitement. Je vais accompagner mon corps naturellement.


Mon cheminement vers l'acceptation est fait, désormais, je passe l'action !


Bientôt sur TaNaturo, un article sur l'accompagnement de la ménopause avec la naturopathie.


A bientôt sur TaNaturo !


 

Je suis Manon Vitte, praticienne naturopathe certifiée FENA depuis 2017 et infirmière de bloc opératoire de formation initiale (en activité de 2003 à 2021). Mon cabinet se trouve à Toul en Meurthe et Moselle.


Depuis 2017 j'anime avec joie et sans complexe ni tabou, le blog TaNaturo, la naturopathie dépoussièrée et Rock'N'Roll, pour partager mes connaissances et ma vision de la naturopathie avec décontraction !


Je consulte en cabinet et en visio-conférence pour optimiser ton bien être.







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